AMMERSCHWIHR

PAYS DU KAEFFERKOPF AU COEUR DU VIGNOBLE ALSACIEN


Située au pied de la station climatique des Trois-Epis, Ammerschwihr est une cité viticole réputée pour sa gastronomie, ses grands vins et tout particulièrement son Kaefferkopf.
Le Kaefferkopf
Ensemble de collines sous-vosgiennes s’étendant sur 68 hectares et reconnu judiciairement depuis 1932, de nature géologique à dominante argilo-calcaire procurant à cette appellation mentionnée dans les archives depuis 1328, un goût de terroir caractéristique. Pour déguster ce crû célèbre, n’hésitez pas à visiter une des nombreuses caves de vignerons lors d’une promenade par les rues typiques et fleuries de notre belle cité. Aller à la rencontre de nos vignerons c’est sans aucun doute y trouver un moment de bonheur.
Vous pourrez également le déguster lors de la Foire aux Vins le dernier week-end d’avril ou lors de VINOGAST, manifestation vinique et gastronomique, le dernier week-end d’avril et le deuxième week-end du mois de décembre.

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Vue sur Ammerschwihr
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le Golf

AMMERSCHWIHR TERRE D'HISTOIRE

La contrée d'Ammerschwihr fut habitée dès l’âge du bronze.
Lors de la conquête romaine, plusieurs fortifications furent érigées sur les hauteurs.
Ammerschwihr est nommée pour la première fois en 869, sous le nom d’Amaircivillare. Au cours des siècles, la bourgade se transforme en ville et s’étend de façon remarquable; autour du village se trouvaient plusieurs hameaux, dont Meywihr, qui ont progressivement disparu.

1367 Ammerschwihr est élevé au rang de ville. Trois seigneurs se partageaient le ban communal et ses revenus: le saint Empire Germanique, la Seigneurie des Ribeaupierre et celle du Hohlandsberg.

1431 Ammerschwihr continue de prospérer et le roi Sigismond lui accorde les mêmes privilèges que les villes impériales d'Alsace (Décapole). Les bourgeois de la ville développent le commerce du vin, qui est et restera la grande ressource à travers les âges.

1491 Le 3 mai, apparition de la Vierge aux Trois Epis.

1534 C’est l’âge d’or d’Ammerschwihr, la ville s’épanouit de plus en plus. En témoignent la Tour des Bourgeois, la Tour des Fripons, les vestiges de l’Hôtel de ville (1552), l’église Saint-Martin agrandie entre 1564 et 1585.

1618 - 1648 La guerre de Trente Ans amène son cortège de misères et de cruauté. En 1634, la ville se place sous la protection du Roi de France, elle retrouvera peu à peu son aisance passée.

1760 Le dix-huitième siècle représente une période calme pour la cité. Les bourgeois pourront améliorer ainsi les cultures et le négoce.
Dans un récit de voyage, il est dit «Ammerschwihr, où l’on ne respire qu’opulence et aisance, possède un ban immense, le plus fécond et le plus renommé en excellents vins de toute la Haute Alsace. Ses habitants en sont fiers et en font un gros et continu commerce».

1789 Lorsque la Révolution aboli l’Ancien Régime, Ammerschwihr élit une municipalité et devient le chef-lieu de canton.

1803 La tempête révolutionnaire s’apaise, et la commune redevient paroisse. Le XlX et le début du XX siècle ne voient guère de transformations sur le plan de l’étendue de la ville et de ses ressources viticoles.

1944 La seconde guerre mondiale s'abat comme une calamité en décembre.
De terribles bombardements détruisent la ville à 85%. Le 18 décembre la cité est libérée, le 31 décembre c’est l'évacuation de la population civile réfugiée dans les caves.

1948 1956 La reconstruction, il faut tout le courage des habitants et la compétence de l’architecte Charles Gustave Stoskopf pour redonner à la cité des trois merles un nouveau cachet.

1976 Extension de la ville vers l’est (quartier des fleurs)

2007 Ammerschwihr est un très joli bourg, dont la majorité des habitants de souche est composée de viticulteurs.
Ceux-ci par leur travail, leur savoir-faire, le terroir ont réussi non seulement à vivre de leur labeur, mais aussi année, après année à rendre fameux un lieu dit de leur territoire la colline du KAEFFERKOPF, dont la délimitation sur le terrain date de 1932.

D’autres vignobles en Alsace n’avaient pas réussi de la même manière et avaient dû avoir recours à une définition de « grands crus » pour donner une certaine notoriété à leur terroir. La définition des grands crus a nécessité la mise en place d'un cahier des charges par la profession et l’ INAO.

Actuellement, une pression très forte pousse à faire rentrer le Kaefferkopf dans le giron des grands crus. Ce qui pose un problème épineux, puisque la définition des grands crus et celle du Kaefferkopf ne coïncident pas sur le terrain.
Des viticulteurs sont gagnants et d’autres perdants.

Evidement, une certaine tension se fait ressentir dans le village, avec des conséquences collatérales sur la plupart des associations.
VINOGAST n’échappe pas à cette ambiance, compte tenu de la présence de nombreux viticulteurs en son sein......


Tiré de l’Alsace ancienne et moderne STRASBOURG/COLMAR ou DICTIONNAIRE GEOGRAPHIQUE, HISTORIQUE ET STATISTIQUE
Du Haut Rhin et du Bas Rhin par Jacques Baquol.Strasbourg rue du JEU-DES-ENFANTS, 31.
1849

AMMERSCHWIHR, en langue romane Mariville, pet. v. du H.R, arr. de Colm., cant. Et à 3 kilom. Sud-est de Kaysersberg, sur la route des Vosges au Rhin ; elle a un hospice d'environ 1000 Fr. de revenus ordinaires et elle est la résidence d'un notaire. Moulins ; tissage de coton. 2228 hab. cath.
Une charte de Lothaire, roi de Lorraine, de 869, fait mention d'Amalrici Villare qui, au 10ème siècle, n'était encore qu'une ferme royale qui s'est transformée en ville, dans le 14ème siècle, par la réunion des trois villages d'Ammerschwihr, de Meywiller et de Katzenwiller. Aussi la ville était soumise à trois juridictions différentes : à l'avocat impérial de Kaysersberg qui relevait de l'empire, et aux seigneurs de Ribeaupierre et de Haut-Landsperg qui relevaient tous deux de la maison d'Autriche. Chaque seigneur avait la garde de l'une des trois portes de la ville, nommait un prévôt et percevait sur ses sujets une contribution en argent et en vin. Les citoyens nommaient eux-mêmes leurs bourguemestres, au nombre de trois et six conseillers. Lorsqu'un homme se mariait avec une femme d'une autre juridiction que la sienne, les enfants suivaient la condition de la mère, ce que l'on appelait die böse Hand. Non loin d'Ammerschwihr on voit sur une haute montagne qui domine la vallée de Munster et celle d'Orbey, le ci-devant prieuré des Trois-Epis (Dreien-Ahren), célèbre pèlerinage dont on ne connaît point l'époque de la fondation. Il fut réuni en 1660 au monastère de Saint-Antoine d'Issenheim. Pendant la révolution il fut acheté par plusieurs habitants d'Ammerschwihr qui ont rendu l'église au culte.
Une inscription qui se trouve dans la chapelle de l'église lui donne une origine miraculeuse. Un habitant d'Orbey se rendant au marché de Niedermorschwihr pour y acheter des grains passe dans cette solitude où il fait sa dévotion devant une image de la Sainte-Vierge abritée sous un arbre ; pendant sa prière une voix lui crie que le Ciel commande la construction d'une église en l'honneur de la mère du Sauveur. Le paysan, se croyant le jouet d'une illusion, oublie bientôt la mission surnaturelle qui lui est confiée ; mais lorsqu'il veut quitter le marché et charger sur son chariot les sacs de grains qu'il a achetés, il n'en peut soulever aucun, malgré le grand nombre de ceux qu'il appelle à son aide. Alors il se rappelle sa coupable négligence, raconte le prodige, les sacs sont enlevés facilement et le prieuré est bâti sur le lieu où la voix s'est fait entendre.
Ichtersheim, dans sa Topographie, mentionne une autre tradition d'autant plus intéressante qu'elle explique en même temps le nom donné au prieuré. Un impie qui s'était emparé d'une hostie consacrée qu'il avait l'intention de profaner, fut tellement saisi de frayeur en arrivant dans cette solitude, qu'il la jeta loin de lui ; mais elle resta suspendue sur trois épis qu'un essaim d'abeilles entoura aussitôt de cire et, pendant la nuit, une symphonie céleste se fit entendre. Pour perpétuer ce miracle, la piété y éleva une chapelle et plus tard une église et un couvent.
Ce pèlerinage est encore bien fréquenté de nos jours ; les pèlerins ramassent dans la chapelle un peu de poussière qui, mêlée aux semailles, passe pour avoir la vertu de doubler la récolte.
Maj Janvier 2008